Ils sont des milliers à vouloir "rouler sur Paris" samedi. Prenant exemple sur la mobilisation des routiers canadiens qui bloquent le centre de la capitale Ottawa, de nombreux opposants au pass vaccinal ont bâti une action citoyenne baptisée "convois de la liberté". La page qui lui est consacrée est suivie par plus de 275.000 personnes.
Contrairement au Canada, cette mobilisation n'émane pas des chauffeurs routiers. Elle s'inscrit dans la lignée des "gilets jaunes", qui, avant la pandémie, dénonçaient la précarité et exprimaient le sentiment de ras-le-bol d'une partie de la population face au coût de la vie. Dans leur viseur encore une fois : la politique du président Emmanuel Macron avec l'occupation de la voie publique comme mode d'action.
Interrogé sur le sujet ce mercredi à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a balayé toute inquiétude du gouvernement et s'est montré compréhensif. Selon lui, l'exécutif est "lucide, parfaitement conscient, qu'il y a une lassitude vis-à-vis de cette épidémie et des mesures qui continuent à s'appliquer".
"Il y a plus que quelques centaines de milliers de personnes qui en ont marre de vivre avec ce virus et, en France comme partout dans le monde, des mouvements politiques, souvent radicaux, ont cherché à capitaliser sur cette lassitude", a déclaré Gabriel Attal.
Mais "la France est probablement l'un des pays d'Europe qui a pris le moins de mesures contraignantes, qui entravent la liberté de ses concitoyens", selon le porte-parole. "Nous avons fait ce choix de limiter au maximum les mesures de restriction grâce notamment aux (...) pass sanitaire hier, au pass vaccinal aujourd'hui", a-t-il ajouté, en assurant que ces mesures seront levées "dès lors que la situation s'améliore(ra)".
Si le porte-parole a tenté de minimiser la portée de ce mouvement, le gouvernement n'en reste pas moins marqué par la crise des "gilets jaunes". Les "convois de la liberté" sont ainsi scrutés de près par les renseignements français. Dans une note transmise à TF1/LCI, ils dépeignent une mobilisation au succès pour le moment limité, qui semble pour le moment trouver davantage écho en ligne que sur le terrain. "Profitant de la médiatisation de l'opération canadienne, les projets français connaissent un succès qui reste virtuel à ce stade", écrivent les auteurs du rapport, qui fait mention d'un sondage mené sur le compte Telegram "Le Grand Réveil". Sur plus de 13.200 participants, 69% ont indiqué soutenir ce mouvement, mais seuls 4% ont dit leur intention d'y participer.
Autre point rassurant pour les renseignements : le caractère désorganisé de la mobilisation, à laquelle aucune organisation syndicale ne s'intéresse pour le moment. "Seuls quelques routiers s'y associent à titre individuel, davantage pour dénoncer le prix du carburant à la hausse des péages que la politique sanitaire", font remarquer les services de renseignement, qui précisent qu'aucune consigne n'a non plus "été relayée dans le monde agricole".
En l'absence de ces organisations syndicales, le mouvement est "loin d'être solidement structuré", décrit la note. "Preuve d'un manque de coordination parmi les organisateurs, des différents opposent déjà les uns et les autres dans les discussions, qui ne sont pas sans rappeler les tensions internes déjà observées dans le mouvement des 'gilet...
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